Merci l'ISAF
Les costards cravates ont encore frappés, la dernière malfaisance en date provient des instances de l'ISAF. En effet, le conseil de direction réunis en congrès annuel à Estoril au Portugal a voté le choix des dix disciplines olympiques en voile pour les JO de 2012.
Nous vous livrons in extenso l'extrait du communiqué de l'ISAF :
The ten events selected by the ISAF Council for the 2012 Olympic Sailing Competition are:
One person dinghy - Men
One person dinghy heavy - Men
Two person dinghy - Men
Two person dinghy high performance - Men
Windsurfer - Men
Keelboat - Men
One person dinghy - Women
Two person dinghy - Women
Keelboat match racing - Women
Windsurfer – Women
A Partir de là, si quelqu'un voit inscrit quelque part « multi-hull », qu'il me fasse signe.
Pas de catamaran donc aux JO, évincé au profit du Yngling (keelboat (quillard)), à deux voix près :
Men – top six events selected
One person dinghy – Men (36 votes)
Windsurfer – Men (35 votes)
Two person dinghy – Men (34 votes)
Two person dinghy high performance – Men (34 votes)
One person dinghy heavy – Men (33 votes)
Keelboat – Men (23 votes)
Multihull – Men or Open (21 votes)
Women – top four events selected
One person dinghy – Women (35 votes)
Windsurfer – Women (34 votes)
Two person dinghy – Women (31 votes)
Keelboat match racing – Women (21 votes)
Two person dinghy high performance – Women (20 votes)
Multihull – Women (3 votes)
Que sont les JO ? On evitera rapidement l'éceuil qui consiste à s'imaginer que les olympiades sont seulement le moments où plusieurs nations se rencontrent dans un but de compétition fair play.
Non, les JO c'est surtout la meilleure fenêtre médiatique sur le sport qui soit. Avez-vous déjà vu des régates en flotte diffusées en d'autres circonstances (excepté la coupe de l'america) ? Moi non.
Si on reprend, on a donc ici l'occasion d'offrir à la planète entière un aperçu sur le sport que nous pratiquons, que nous aimons et nous enseignons et qui souffre précisément d'une carence médiatique.
La logique de l'évènement voudrait que l'on privilégie des séries spectaculaires, rapides et faciles à comprendre.
C'était là le rôle du cata. Des navires partent à pleine vitesse d'un côté ou de l'autre du plan d'eau. L'argument primordial du catamaran restant sa vitesse, au détriment certes de son aspect tactique. La vitesse, ça se vend bien à l'image : des bateaux sur une coque au près, des dessalages à l'abattée, des enfournements sous spi. Des images qui ont le mérite de rajeunir l'image d'un sport parfois présenté comme élitiste ou vieillissant.
Au lieu de ça, on va nous montrer des régates de Yngling ou de Laser dans dix n½uds. Si ces conditions se prêtent très bien au jeu pour les concurrents, permettant de tactiquer finement ; je peux cependant vous garantir qu'à l'image, le spectacle offert est complètement ésotérique aux yeux du néophyte.
Les mass-medias ne sont pas tout. Sportivement parlant, ce choix s'avérerait risible si il n'était pas grotesque.
Un sport, c'est aussi une diversité. La voile offre un panaorama très large, du windsurf à la course au large, ce sont des milliers de sportifs qui naviguent, qui s'entraînent, qui régatent à tous les niveaux, toute l'année. En faisant ce choix, l'ISAF occulte tout un pan de ce panorama.
N'oublions pas que le support catamaran est très bien représenté à tous les niveaux : en commençant par les écoles de voile dont le cata représente souvent les deux tiers de la flotte, en passant par les régates de ligues ou les nationaux.
En excluant le cata, l'ISAF ne respecte pas tous ces pratiquants et tous ces passionnés.
Roland, un planchiste averti...